Nanoparticules DANGER !


LES APPRENTIS SORCIERS DES NANOPARTICULES

par Michel Dogna

 

          La nanotechnologie connaît actuellement un essor explosif - bien que silencieux - dans la plupart des domaines (industriel, mais aussi alimentaire). Sur le marché, on trouve des nanoparticules dans des crèmes solaires, des jouets, des vêtements, des aliments, des médicaments, des bonbons, des cosmétiques, de la céramique, de la peinture, et de nombreux autres produits communs. Omniprésentes, elles font déjà partie intégrante de notre environnement de consommation toxique.

           Une étude du MIT et de la Harvard School of Public Health (HSPH) conduite par le Dr Christa Watson confirme que certaines nanoparticules peuvent endommager directement l'ADN humain. Une raison suffisante pour interdire immédiatement l'utilisation de nanoparticules par les industriels dans les produits de consommation. Or on trouve du nanotitane dans les produits fabriqués par Jello, Nestlé, M & M'S, Mentos, Albertson ou encore et Kool Aid, ainsi que d'autres produits, pour ses propriétés antimicrobiennes.

          Ces résultats sont d’autant plus alarmants lorsqu'ils sont mis en parallèle avec la récente prévision de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) qui estime que le taux de cancers humains risque d’augmenter de 57% en seulement vingt ans.


Oxyde de zinc nano dans les crèmes solaires

           Les chercheurs ont aussi constaté que l'oxyde de zinc en nanoparticules, souvent utilisé dans les écrans solaires pour bloquer les rayons ultraviolets, endommagent considérablement l’ADN.

           Par ailleurs, certes, les protecteurs solaires « écran total » empêchent les rayons UV de brûler la peau, mais ils empêchent aussi l’assimilation de la vitamine D…
            À noter également que le fait de se doucher au savon après les bains de mer élimine toute la production de vitamine D fabriquée dans la journée – des vacances pour rien qui n’assureront pas les réserves de l’hiver… Et l’on s’étonne ensuite qu’autant de personnes (et d’enfants) se retrouvent carencées en vitamine D.


Les nanoparticules les plus utilisées

            Les chercheurs se sont concentrés sur cinq nanoparticules de synthèse : l'argent, l'oxyde de zinc, l'oxyde de fer, l'oxyde de cérium et le dioxyde de silicium (également connu sous le nom de silice amorphe),utilisés industriellement. Certains de ces nanomatériaux peuvent produire des radicaux libres appelés "espèces réactives à l'oxygène", ce qui peut altérer, encore une fois, l'ADN. Une fois que ces particules pénètrent dans le corps, elles peuvent s'accumuler dans les tissus, causant petit à petit de grands dommages.

             L'étude a noté que l'oxyde de zinc nano - utilisé dans les écrans solaires - et l’argent nano sont les deux produits qui causent le plus de dommages à l'ADN (cassure en simples brins). Les études ont été menées en particulier sur des cellules sanguines humaines appelées lymphoblastoïdes, et sur des cellules ovariennes de hamster chinois.

           En revanche, le dioxyde de silicium, couramment ajouté dans l'alimentation et la production de médicaments, a généré de très faibles niveaux de lésions de l'ADN. De même, l'oxyde de fer et l'oxyde de cérium ont montré une faible génotoxicité.

          Jusqu'à présent, la plupart des études de la toxicité des nanoparticules ont été axées sur la survie des cellules après l'exposition. Très peu ont examiné la génotoxicité ou la capacité d'endommager l'ADN, un phénomène qui ne tue pas nécessairement les cellules, mais qui peut conduire à des mutations cancéreuses si le dommage n'est pas réparé.


Une absence de réglementation

           Depuis que nous savons que les nanoparticules peuvent endommager l'ADN, il serait impératif d'évaluer rapidement leur toxicité… Mais le statu quo légal permet de mettre ces produits sur le marché et de les écouler à grande échelle, en dépit des recherches fiables qui pointent du doigt leurs dangers.

           Comme pour les OGM, la stratégie semble être de répandre tout d'abord les produits en masse dans l'alimentation, puis, ensuite seulement, évaluer les risques. Ainsi, une fois de plus, c’est aux consommateurs de jouer les cobayes.

          Sans obligation d’étiquetage pour les fabricants, ni la moindre velléité de le faire de leur propre chef, il est impossible pour les citoyens de choisir ou de refuser d'ingérer des nano-aliments. La fraude "théorique" des industriels est de toutes les manières d’autant plus aisée que les services de contrôle ne disposent jusqu’ici d’aucun moyen technique permettant de déceler s’il y a ou pas présence de nano-éléments. Alors, pourquoi se gêner ?

 

Référence :
C.Watson, J.Ge, J. Cohen, G. Pyrgiotakis, B. Engleward, P.Demokritou High-Throughput Screening Platform for Engineered Nanoparticle-Mediated Genotoxicity Using CometChip Technology. ACS Nano in press DOI: 10.1021/nn404871p (2014)


 

 



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