Médicaments dangereux pour les yeux

          Cortisone, tranquilisants, anti-inflammatoires, traitements pour le coeur... De nombreux médicaments peuvent abîmer les yeux et la vue, avec pour certains des effets graves et irréversibles. Lesquels ? Quels sont les dangers ? Les symptômes qui doivent alerter ? Comment se protéger ? Réponses de Medisite avec le Dr Jean-Antoine Bernard, ophtalmologiste.


Cortisone : des risques de cataracte
           Prendre des médicaments à base de cortisone par voie orale n’est pas anodin. Parmi les risques encourus : des troubles ophtalmologiques.

Quels risques sur la vue ? « De tels traitements peuvent donner une hyperpression intra-oculaire, même au bout de quelques jours de prise, et une cataracte pour les prises prolongées et chroniques », indique le Dr Jean-Antoine Bernard. Par ailleurs, on retrouve la prise de corticoïdes par voie orale comme cause d’aggravation d’un herpès de la cornée ou de certaines pathologies du fond d’œil.
Que faire ? Si vous observez de tels symptômes, consultez sans attendre votre médecin.
Plaquenil® : des dommages irréversibles sur la rétine

 

Le Plaquenil® : des dommages irréversibles à la rétine.

C'est un médicament qui peut être prescrit contre la polyarthrite rhumatoïde.
Quels risques sur la vue ? « Les complications rétiniennes dépendent de la susceptibilité de chaque patient et de la dose cumulée de Plaquenil®, généralement à partir de quelques centaines de grammes », explique le Dr Jean-Antoine Bernard. Au pire, une prise de Plaquenil® pendant plusieurs années peut entraîner une perte de la vision. Par ailleurs, des personnes prenant ce médicament sur une prise courte peuvent voir des halos, une vision brouillée ou être sensible à la lumière, des symptômes réversibles une fois le traitement arrêté.
Que faire ? « Toute personne qui prend du Plaquenil® de façon permanente doit être vue par un ophtalmologiste tous les 3 mois la première année du traitement puis tous les 6 mois, avec, à chaque fois, un bilan fonctionnel complémentaire (champ visuel, électro-rétinogramme, etc) », recommande notre interlocuteur.


Viagra® : des chutes brutales de la vision
Prescrits à des millions d’hommes, le Viagra® mais aussi le Cialis® et le Levitra® peuvent se révéler dangereux pour la vue.
Quels risques sur la vue ? En 2005, des chercheurs américains observent une chute brutale de la vision chez sept hommes ayant pris du Viagra® 36 heures plus tôt (1). Ils souffraient en fait d’une neuropathie optique ischémique non artéritique (NOINA). Cette affection survient lorsque la circulation sanguine est interrompue au niveau du nerf optique, et peut conduire à une perte définitive de la vision. Par ailleurs « 6 à 7% d'hommes qui prennent ces traitements peuvent voir un halo bleu quand ils regardent quelque chose », souligne le Dr Sylvain Mimoun, gynécologue et andrologue.
Que faire ? Si vous observez une diminution ou une perte soudaine de la vision, arrêtez le traitement et contactez immédiatement votre médecin. Sinon sachez que « le Viagra® n’est pas déconseillé quand on a des problèmes de vue ou qu’on porte des lunettes », précise le Dr Stéphane Droupy, médecin urologue. Il est uniquement contre-indiqué si on souffre de NOINA.


Collyres : des risques d'herpès cornéen
Votre médecin vous a prescrit un collyre ou une crème à base de corticoïdes pour soulager une affection ophtalmique ? Attention !
Quels risques sur la vue ? « Un collyre à base de corticoïdes peut aggraver un herpès de la cornée. La personne ressent une sensation de corps étrangers et il y a une ulcération de la surface de la cornée. Cet effet aggravant peut se produire dès le deuxième ou troisième jour après le début du traitement », prévient le Dr Jean-Antoine Bernard, ophtalmologiste.
Autres risques plutôt associés à la prise prolongée de corticoïdes en local : une élévation de la pression intra-oculaire ou « glaucome cortisonique », potentiellement grave si négligé. Il peut y avoir également une accoutumance à la cortisone. « On donne de la cortisone pour lutter contre une conjonctivite allergique, elle soigne mais dès qu’on diminue les doses ou qu’on la supprime, les symptômes reviennent : c’est la cortico-dépendance », précise le spécialiste. Enfin, une cataracte cortisonique peut se développer. « C’est moins fréquent car associé à un traitement très prolongé, quelques semaines, quelques mois, voire quelques années. »
Que faire ? N’utilisez les corticoïdes que selon la prescription et jamais en automédication sans surveillance médicale, car leur prise par voie locale peut se révéler néfaste pour les yeux. Suivre strictement la prescription. En cas de non effet du traitement et/ou d’aggravation des symptômes, retournez sans attendre consulter le médecin qui vous a fait la prescription.


Cordarone® : elle abîme la cornée
Prescrit en cas de trouble du rythme cardiaque, le Cordarone® (amiodarone) peut abîmer la cornée.
Quels risques sur la vue ? « La prise d’amiodarone entraîne régulièrement la formation de dépôts cornéens, généralement sans gravité et ne perturbant pas la vision », indique le Dr Bernard. « Sauf si ces dépôts deviennent massifs. Dans ces cas (rares), la personne peut avoir l’impression de voir à travers une vitre sale », ajoute le spécialiste. La présence de tels dépôts peut également se manifester par un éblouissement.
Que faire ? Même si cet effet indésirable est réversible, il est recommandé d’être suivi par un ophtalmologiste quand on prend de l’amiodarone. Si ce n’est pas le cas et que vous avez l’impression d’une baisse de votre acuité visuelle, consultez sans attendre votre médecin ophtalmologiste.


Advil®, Nurofen®... du sable dans les yeux !
Advil®, Nurofen®, Voltarène®…  Parmi leurs multiples effets indésirables, les anti-inflammatoires peuvent altérer la vision.
Quels risques sur la vue ? « Ils peuvent entraîner des troubles de la surface oculaire avec l’impression d’avoir du sable dans les yeux », indique le Dr Jean-Antoine Bernard. Cet effet peut se manifester après quelques jours de prise. « C’est assez fréquent mais rarement grave » précise le spécialiste.
Que faire ? En général, ces changements oculaires s’arrêtent avec l’arrêt du traitement. Si vous présentez ce symptôme, consultez un médecin.


Lexomil® : gare au glaucome !

Anxiété, troubles du sommeil… Le Lexomil® (bromazépam) fait partie des anxiolytiques les plus prescrits. Parmi ses effets secondaires, des troubles oculaires.

Quels risques sur la vue ? « Cela peut donner des sécheresses oculaires et dans de très rares cas, un glaucome aigu », indique le Dr Jean-Antoine Bernard.
Que faire ? Si vous observez un changement au niveau de la vision,  consultez votre ophtalmologiste.


Médicaments contre les allergies : ils assèchent les yeux
Les antihistaminiques (prescrits notamment contre le rhume des foins) peuvent avoir des effets secondaires sur les yeux.
Quels risques sur la vue ? Ces traitements peuvent causer une sensibilité à la lumière et une sécheresse oculaire. « C’est assez fréquent, banal et pas très grave en général », précise le Dr Jean-Antoine Bernard, ophtalmologiste.
Que faire ? Ces effets sont généralement temporaires et diminués par la réduction du dosage des médicaments ou par l’arrêt du traitement. Si vous observez les symptômes énoncés ci-dessus, parlez-en à votre médecin.
A savoir : Les porteurs de lentilles sont très sensibles au mauvais fonctionnement des larmes qui baignent la lentille et les personnes âgées sont encore plus à risque de présenter ces effets secondaires car leur fonction lacrymale est diminuée. Par ailleurs, les effets secondaires visuels associés aux antihistaminiques sont les mêmes pour les «tranquillisants » et les antispasmodiques.

 



Les réactions

Avatar Monique FOUCHER

Pour un l'urticaire important depuis 15 jours avec démangeaisons très vives et frissons, mon médecin vient de me prescrire en toute bonne foi de l'Ebastine TEVA 10 MG, mais ce médicament contient de l'aspartame, un produit très dangereux, qui a pourtant fait scandale !
Il m'avait prescrit auparavant de la desloratadine Mylan Pharma, produit générique de l'AERIUS, ce qui ne marchait qu'à moitié.
Enfin j'ai aussi une sécheresse oculaire et des allergies printanières.
Or j'apprend grace à vous que ces anti-histaminiques peuvent provoquer ma sécheresse oculaire.
Je vais donc continuer à m'armer de courage (il en faut quand on a des démangeaisons plusieurs fois/jour) et à mettre sur la peau des huiles adoucisantes, des huiles essentielles, de l'argile, et à soigner mon terrain acide par les soins de naturopathie. Merci pour tous vos précieux avertissements.
Je vais donc persévérer dans la voie que j'ai choisie, (même si ce n'est pas celle de la facilité).

Le 20-04-2015 à 20:54:39

Réagir


CAPTCHA